Comment agir
Il était fatigué en rentrant du travail, je l’ai agacé, il m’a frappée
Le recours à la violence est un moyen pour contrôler et soumettre la femme. Rien ne le justifie. Il y a d’autres moyens d’exprimer sa fatigue dans le dialogue, le respect et le calme.
Comment se fait-il qu’elle ne porte plainte que maintenant ?
Les femmes qui se plaignent ne mentent pas plus que les autres catégories. Il est humiliant de s’avouer insultée et battue par son mari, presque toujours devant les enfants ou une autre personne. Le risque que prend la femme en accusant un homme de la violenter est un acte de courage. Les femmes méritent d’être écoutées et d’être crues.
On ne va pas faire une histoire pour une gifle. Elle a dû le pousser à bout.
La femme mérite donc une punition ! La gifle est une violence et même une violence particulière avec une charge de domination, de mépris et d’insulte. Personne n’a de gifles à recevoir de personne.
Il est violent mais c’est sous l’emprise de l’alcool
L’homme violent n’a pas besoin de perdre le contrôle pour être violent. Toutes les études signalent clairement que l’alcool ou la drogue ne sont pas la cause de la violence mais l’accompagnent dans certains cas. C’est une excuse donnée par le conjoint.
Si elle ne part pas, c’est qu’elle a peur d’être seule
Beaucoup de raisons empêchent la femme de quitter une relation de violence. Les principales sont la peur (pour son intégrité psychologique et physique) et la dépendance. Où aller ? Que vont devenir les enfants ? Avec quels moyens ? Est-ce que ce moment n’est pas juste une mauvaise passe ?
Parfois le mari la menace. La femme, qui veut quitter un mari violent, se sent démunie, fragile et a besoin de soutien.
Ce n’est pas notre affaire, mieux vaut ne pas s’en mêler
L’isolement s’ajoute à la détresse et au désespoir des femmes victimes de violences conjugales. Si vous êtes près d’une de ces femmes, vous pouvez lui apporter votre aide.
Les violences conjugales sont l’affaire de tous
Les violences conjugales sont complexes et revêtent bien des aspects. Le processus évolue au fil des mois voire des années. Il n’est pas simple de reconnaître la violence, de savoir quoi faire et pourtant il est important de réagir rapidement. Plus on attend, plus il est difficile de s’en sortir, difficile mais pas impossible.
Pourquoi est-ce si important d’avoir un sac prêt ?
Dans une situation de violence, vous êtes déboussolée et effrayée. Le fait d’avoir, en une minute, les éléments pour partir dans les meilleures conditions possibles vu la situation vous permettra de vous mettre hors de danger (physique et psychologique) et de le faire vite (souvent avant qu’il ne revienne).
Anticipez toujours :
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Où pourriez-vous aller ? Chez une amie, à l’hôtel…
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Que se passera-t-il les jours suivants ? Par exemple au travail.
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Ayez un sac de survie : avec quelques vêtements dont une tenue de travail si vous travaillez, des affaires de toilette, *les photocopies de vos documents importants, de l’argent liquide si vous n’avez pas de carte de crédit.
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Ayez sur vous : papiers d’identité, numéros de téléphone importants, carte d’immatriculation à la Sécurité Sociale, chéquier, votre carte bleue, relevés de compte, RIB
*dernier avis d’imposition (et les précédents si possible), numéro d’immatriculation à la CAF, bail si vous être locataire, trois dernières quittances EDF...
Si vous avez des enfants, pensez également à :
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Leurs certificats de scolarité.
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Leurs carnets de santé…
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Leurs jouets et vêtements préférés…
À 19h00, il arrive totalement ivre, sabre à la main et commence à chercher un amant fictif dans chaque recoin de l'appartement.
Apeuré, les larmes aux yeux j'essaie de calmer la situation lorsque la dispute éclate... Je finis par recevoir un poing en plein visage... Totalement désorienté, je vais jusqu'à l'armoire pour récupérer ses vêtements. Je n'aurais jamais dû lui tourner le dos...
Sans comprendre, je suis projeté au sol en ayant été tiré par les cheveux... puis à partir de là, je sens ses mains sur mon cou, le souffle me manque et il appuie de plus en plus fort...
À ce moment-là, je me dis que c'est la fin... et par je ne sais quel miracle, il finit par s'évanouir et moi m'enfuir.
Sandra.B
Garder des preuves
Violences psychologiques ou des violences physiques qui ne laissent pas de traces
Il vous insulte, vous menace, est jaloux, vous rabaisse, vous bouscule, vous fait peur… mais il n’y a pas de traces. Et pourtant, la violence est bien présente et vous en êtes victime.
→ Gardez les emails, les lettres, les textos qu’il vous envoie et que vous lui envoyez.
→ Notez, pour vous, les situations que vous vivez, comment il réagit, ce qu’il dit, ce que vous ressentez, ce que vous voulez et ne voulez plus.
→ Demandez aux personnes présentes lors des violences ou aux personnes ayant pu constater les préjudices subis d’attester de ce qu’elles ont vu, par écrit. L’attestation peut être établie sur un modèle type cerfa.
Violences physiques laissant des marques
Il faut agir vite car certaines marques comme les bleus partent en une semaine.
→ Prenez des photos, écrivez comment cela s’est passé.
→ Allez voir votre médecin généraliste (ou médecin spécialisé si vous en avez un de confiance) pour qu’il vous rédige un certificat. Laissez ces preuves en lieu sûr.
→ Montrer les marques à des personnes de confiance qui pourront ensuite témoigner de ce que vous avez subi. Demandez-leur rapidement de donner leur témoignage par écrit et gardez ces papiers en lieu sûr.
Pourquoi ?
Le temps efface les souvenirs. Peut-être qu’un jour, vous aurez besoin de ces preuves ne serait-ce que pour vous-même.
En effet, les pressions subies sont tellement inconcevables que l’on se demande souvent si l’on ne s’est pas trompé, si l’on n’a pas imaginé tout cela. La violence conjugale est liée à la culpabilité : « je n’aurais pas dû le provoquer » « Et si c’était moi qui exagérais ? » « Pourquoi ne suis-je pas partie plus tôt ? » « Comment ai-je pu accepter cela ? ».
Quand vous pourrez, en sécurité, réfléchir à ce qui s’est passé, ces preuves (journal intime, certificats, photos, témoignages …) vous permettront de vous souvenir précisément de la situation et de vous autoriser à être victime. De plus, le délai de prescription est de 10 ans. Vous pourrez entamer une démarche judiciaire si vous le souhaitez.
Pourquoi est-ce si important d'avoir un certificat médical ?
Le certificat médical établi par le service d’UMJ ou tout autre médecin sera utile pour établir la réalité des violences et obtenir la réparation du préjudice subi ou solliciter une ordonnance de protection.
En droit français, il est indispensable de disposer de preuves permettant d’établir la réalité des violences subies et des préjudices.

Déposer plainte
Il convient au plus vite de déposer une plainte à la gendarmerie et leur demander à être orienté vers le service d’urgence médico-judiciaire (UMJ) afin de faire constater le préjudice physique et/ou le retentissement psychologique des violences subies.
Que ce soit pour des violences psychologiques ou physiques, un certificat médical sera établi et l’ITT (incapacité temporaire de travail) sera évaluée afin de pouvoir chiffrer le préjudice subi.
Le certificat médical établi par l’UMJ sera utile voire indispensable pour établir la réalité des violences et obtenir la réparation du préjudice subi du fait des violences ou solliciter une ordonnance de protection.
Vous êtes témoin ?
Si chaque victime avait dans son entourage 5 à 10 personnes alertes, elle resterait moins longtemps sous l’emprise de son conjoint violent. Elle ne saisirait peut-être pas la première ni la deuxième proposition d’aide, mais ses chances d’être orientée vers des professionnels, aguerris, seraient démultipliées.
Avec une victime de violence, vous pouvez engager la conversation lorsque vous la rencontrait et qu’elle se trouve seule. Témoignez-lui de la compréhension et ne la jugez pas. Ces situations sont difficiles pour les dames qui ne savent trop quoi faire.
Prenez ses déclarations au sérieux et dites-lui que ce qu’elle vit n’est pas normal, que la violence est punissable par la loi.
Vous pouvez lui proposer votre aide (écoute, accompagnement, accueil en situation d’urgence). Ne soyez pas surpris si la personne la refuse et renouvelez votre offre plus tard. Cependant, même si la femme répond négativement, elle sait désormais que vous êtes au courant, que vous pourrez lui porter assistance, témoigner peut-être. Elle est consciente que ce qu’elle subit est assez flagrant et grave pour avoir attiré l’attention. Informez-vous sur les services d’aide existants (par exemple, auprès d’associations) et transmettez-en les coordonnées à la victime.
Ne critiquez pas l’homme violent. En le faisant, vous faites passer le message à la femme victime qu’elle a « mal choisi » son mari, ce qui la culpabilise encore plus. Or, elle est déjà sans cesse rabaissée pas le conjoint violent.
Au contraire, valorisez la victime, son courage et les actions qu’elle a déjà mises en place.


